Les organisations devraient s’efforcer de devenir des systèmes vivants au sein desquels la vie peut s’épanouir: Michelle Holliday

Lors de sa présentation à la section de l’ISPI de Montréal du 6 avril 2017, intitulée « En chemin vers l’épanouissement : Au-delà de la pensée traditionnelle en matière de performance », la consultante en amélioration de la performance Michelle Holliday insiste sur le fait que ce qui manque, au sein des divers milieux de travail, est la compréhension de la vraie nature de l’organisation. Sans cette compréhension, il devient impossible de cultiver une raison d’être et la passion qui permet aux employés aussi bien qu’aux clients de s’engager dans l’organisation.

La vision traditionnelle consiste à considérer les compagnies comme des machines conçues uniquement pour atteindre deux buts : la productivité et la rentabilité. Michelle a présenté un exemple typique d’une organisation vue comme une machine : le modèle SIPOC de la méthodologie Six Sigma, selon lequel les fournisseurs introduisent des intrants dans des processus au sein de l’organisation, ce qui mène à la production d’extrants qui sont vendus aux clients. « Ce modèle exclut la nature, la communauté, la santé, la passion, la créativité, les relations et le jeu, c’est-à-dire, tout ce qui signifie être humain et vivant ». Michelle note également qu’en plus de limiter la performance de l’organisation, cette vision provoque des problèmes sociaux et environnementaux qui menacent la durabilité de l’espèce humaine.

« Mais », explique-t-elle, « il se produit un changement dans la manière dont nous voyons les organisations »; elles sont de moins en moins vues comme des machines, et de plus en plus comme des systèmes vivants. « Avec cette compréhension, nous pouvons cultiver de façon active les conditions dont elles ont besoin pour s’épanouir à chaque niveau : les employés, l’organisation en tant qu’écosystème vivant, les clients, la communauté et la biosphère. » Les quatre conditions dont il faut s’occuper sont :

  1. Les éléments divergents (les employés en tant qu’individus);
  2. Les modèles dynamiques des relations entre les employés;
  3. Le fait que les employés créent ensemble l’ensemble convergent qu’est l’organisation;
  4. Une étincelle de vie qui anime et qui intègre les employés au sein de l’organisation.

Selon Michelle, quand une organisation cultive toutes ces conditions, elles peuvent générer des propriétés émergentes comprenant la capacité d’accomplir des tâches complexes dans une culture organisationnelle créative et résiliente.

Michelle Holliday
La présentatrice Michelle Holliday discute des éléments essentiels dont les entreprises ont besoin pour inciter les employer et les clients à s’impliquer pleinement dans l’organisation.

Espace pour la vie/Space for life” constitue un des exemples montréalais de ces organisations vivantes et florissantes, qui comprend le Biodôme, l’Insectarium, le Jardin botanique et le Planétarium. Michelle a expliqué la manière dont les leaders de ces quatre musées ont repensé leur structure organisationnelle en l’alignant sur ces conditions essentielles. Par exemple, ils ont créé un pilier « Personnes et culture » pour s’assurer de s’occuper des « parties divergentes » à l’intérieur de leur écosystème.

Un autre exemple est celui de la chaîne de restaurants végétaliens Crudessence, qui utilise le slogan “Servir la vie/Serving life.” Cette compagnie a pour mission est d’ « œuvrer pour changer la manière dont notre société voit la nourriture, afin de la révérer comme la clé de voûte de la santé et du bien-être individuels au sein d’une société florissante, ainsi que comme un lien vital à toute forme de vie. »

Michelle a fait appel aux organisations pour qu’elles incluent la collaboration, la créativité et le jeu dans la manière dont elles accomplissent leurs tâches, et pour qu’elles forment des leaders qui deviennent des intendants au service de la vie. Elle affirme que “les organisations animées par ces intentions peuvent devenir de puissants terrains de jeu et de pratique pour devenir pleinement vivantes et humaines », ce qui constitue le chemin le plus sûr vers l’amélioration de la performance.